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Ukraine retour sur un week-end mouvementé

 

 

 

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L’Ukraine est au bord de la banqueroute, voire menacée de partition. Destitué lors de lafolle journée de samedi par un Parlement (238-0) ayant basculé du côté de l’opposition à la faveur du ralliement soudain de plusieurs dizaines de députés du parti au pouvoir, Viktor Ianoukovitch était introuvable dimanche soir, tout comme nombre de ses ministres et des dirigeants du FSB (ex KGB). Sans doute, après avoir abandonné précipitamment son palais surréaliste de la banlieue de Kiev, s’est-il réfugié à Kharkiv, dans l’est russophile du pays, sa région natale, d’où il fustigeait par communiqué le « coup d’Etat nazi » l’ayant renversé.

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Le Parlement, lieu de toutes les intrigues et corruptions de ce pays de 46 millions d’habitants depuis l’indépendance en 1991, semble pourtant délibérer de manière régulière, ayant rétabli la Constitution de 2004, en vue de la formation d’ici mardi d’un gouvernement d’unité nationale dont la tâche sera à la fois de piloter la transition et de rééquilibrer des finances publiques catastrophiques. Après avoir aussi destitué le ministre de l’Intérieur et celui des affaires étrangères, et lancé des mandats d’arrêt contre le procureur général et le ministre du fisc, la Rada a désigné comme chef d’Etat par intérim un proche de la dirigeante d’un des trois principaux partis d’opposition, Ioulia Timochenko, libérée samedi de la prison où Ianoukovitch l’avait fait jeté il y a trois ans.

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Candidate à la présidentielle

La pasionaria de la « révolution orange » de 2004 a aussitôt laissé entendre qu’elle serait candidate à l’élection présidentielle prévue le 25 mai, puisqu’elle s’est dite « pas intéressée » par le poste de Premier ministre de transition. Elle s’est aussitôt entretenue par téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel, qui l’a appelée à œuvrer au respect de l’intégrité territoriale du pays. En effet, l’opposition est surtout forte dans la partie occidentale de l’Ukraine, traditionnellement tournée vers l’Europe (elle a appartenu à la Pologne ou à l’empire austro-hongrois). Un signal négatif sur ce point a d’ailleurs été émis par la Rada qui a promptement ôté au russe le statut de langue officielle aux côtés de l’ukrainien. Viktor Ianoukovitch, pour sa part, dispose d’une solide base politique dans l’est du pays où il pourrait théoriquement fomenter des menées séparatistes, illustrées par une manifestation de 2.000 personnes dimanche à Sébastopol (base militaire russe) contre « les fascistes au pouvoir à Kiev ». On voit mal toutefois qui serait prêt à se battre pour le président destitué, qui a essayé sans succès de fuir en avion en Russie vendredi soir et que son propre parti a jugé hier responsable des violences ayant fait 80 morts jeudi.

L’intégrité du pays était aussi au cœur des entretiens qu’Angela Merkel a eu dimanche avec Vladimir Poutine, qui ont convenu qu’il était dans leur intérêt commun de préserver la stabilité et l’unité du pays. Moscou n’a eu de cesse jusqu’ici de dénoncer les menées de l’opposition, truffée de « fascistes et de terroristes » et des Occidentaux, mais aura sans doute intérêt à ne pas se cramponner à un régime déchu. Si Vladimir Poutine a misé jusqu’au dernier moment sur Viktor Ianoukovitch, qu’il méprise au demeurant, il s’est toujours bien entendu avec Ioulia Timochenko, qui lors de son passage jadis à la tête du gouvernement ukrainien avait signé des accords énergétiques positifs pour Moscou (et dénoncés par Viktor Ianoukovithch…). En revanche, le Kremlin est furieux de voir réussir à ses portes une révolution de nature à donner des idées à d’autres… En outre, Ioulia Timochenko est opposée au projet d’union douanière défendu avec acharnement par Vladimir Poutine.

Les Occidentaux ont d’ailleurs promptement rappelé leur proposition d’intégration économique à l’Ukraine. L’Union européenne a proposé de raviver l’accord d’association dont le refus par Viktor Ianoukovitch en novembre dernier avait provoqué la crise politique actuelle. Le Fonds monétaire international (FMI) s’est dit dimanche prêt à aider l’Ukraine, tout comme Washington, sans précision de montants ou de conditions. La Maison blanche mettait aussi en garde dimanche la Russie contre la tentation d’une intervention militaire au demeurant invraisemblable, tandis que Varsovie dénonçait, sans les nommer, des forces susceptibles d’attenter aux frontières de l’Ukraine. Moscou, de son côté, soulignait que l’opposition n’avait pas rempli une seule des obligations de l’accord négocié vendredi avec le pouvoir, sous l’égide de Paris, Berlin et Varsovie, qui prévoyait une sortie de crise institutionnelle au prix du maintien au pouvoir quelques mois de Viktor Ianoukovitch. Une victoire diplomatique de courte durée pour les Européens, même s’il faut noter que c’est Angela Merkel que tous les protagonistes ont appelé en premier dimanche. Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a salué dimanche la situation « radicalement nouvelle » en Ukraine et « l’espoir qui s’est levé », soulignant que les propositions européennes d’aide économique « pourront probablement être amplifiées ». L’Ukraine a des besoins de financements de plusieurs dizaines de milliards de dollars cette année. Le FMI était prêt à accorder une aide en échange de réformes drastiques que Viktor Ianoukovitch refusait, tandis que Moscou lui proposait une aide d’au moins 15 milliards de dollars.

Avec la chute éclair du régime, les combattants de MaÏdan, la place forte de la rébellion depuis deux mois, ont donc réussi, contre toute attente, leur pari ; ils avaient annoncé vendredi soir qu’ils allaient donner l’assaut sur la présidence sous 24 heures, poussant la police à la débandade et Viktor Ianoukovitch à la fuite. Cet ensemble hétéroclite de militants de centre droit, nationalistes, membres ordinaires des classes moyennes, hooligans et anciens de la guerre d’Afghanistan, restera une force avec laquelle il faudra compter lors de la transition. « Maïdan » sera notamment vigilante sur la capacité du gouvernement d’union nationale à tourner le dos au mode de prédation oligarchique sur lequel fonctionne le pays depuis vingt ans. Un système dans lequel Ioulia Timochenko se trouvait au demeurant parfaitement à l’aise… Elle devra composer avec le parti Oudar de centre droit de l’ancien champion de boxe Vitali Klitschko, (apprécié à Washington et réputé intègre mais piètre orateur et dénué d’expérience politique) et le parti nationaliste Svoboda, perçu en Occident comme d’extrême droite mais considéré en Ukraine comme un parti ordinaire.

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